Compte tenu des conditions qui ont marqué cette année 2011, le CEDAC a pu présenter 4 spectacles en
tournée.
• Février 2011 – Ayiti (Haiti/théâtre)
La pièce « Ayiti » écrite et interprétée par comédien haitien Daniel
Marcellin a été présentée d’abord au
cabaret de l’Artchipel/Scène Nationale pour 9 dates du 12 au 28 janvier, avant d’entreprendre une tournée à travers la
Guadeloupe, du 8 au 18 février. Les dates : le 8 février au lycée de Baimbridge (animation scolaire) et sur le Campus de Fouillole,( PAP), le 9 à la Maison d'arrêt
de Basse-Terre, le 10 à la salle R. Loyson du Moule, le 11 à Beauport Pays de la Canne (Port-Louis), le 12 à la salle Beauperthuy de Ste Rose, le 15 à la salle Tarer de PAP (avec le Centre des
Arts), le 17 au Théâtre de Verdure du Gosier et le 18 à l’Hôtel Kawann de St Louis de Marie-Galante. Ce ne sont donc pas moins de 24 dates, animations
scolaires et représentations – dont 4 à l’attention du public scolaire – qui ont pu être présentées en Guadeloupe, ce qui montre notre potentiel et constitue le record absolu, en termes de nombre de représentations et animations
scolaires !
La plupart des 24 représentations se sont conclues par des "standing ovation" et toutes les séances scolaires ont été marquées par une
grande satisfaction des élèves présents, de même qu'à l'Université de Fouillole (300 personnes). En termes de publics, nous avons accueilli partout des salles pleines et une demi-douzaine de
représentations « à guichets fermés »» (dont celles de l’Artchipel). Après le succès rencontré par la tournée précédente (Retour au pays
Natal avec Jacques Martial), on peut considérer qu’une étape a été franchie quant à la capacité du CEDAC et de ses salles à mobiliser le
public du théâtre en Guadeloupe. Cette observation vaut aussi pour les scolaires et l’Université.
• Mars/avril 2011 – Congre et Homard (Théâtre/ Guadeloupe)
Avec Congre et Homard, l’auteur martiniquaise Gaël Octavia nous a offert un dialogue intense à huis clos dans un restaurant désert, qui a mis en valeur
l’interprétation des comédiens Joël Jernidier et Dominik Bernard.
La tournée de la pièce de théâtre
« Congre et Homard » (création locale) s’est terminée au mois d’Avril 2011 par une salle comble au Ciné-Théâtre du Lamentin. Une
fois de plus le public a suivi lors de toutes les représentations : le 19 mars au Moule, le 25 à Pointe à Pitre, le 26 à Beauport, Pays de la Canne, le 30 à Sainte Rose, le 31 Chez Henri à
Marie Galante, le 2 avril à Pointe Noire le 5 avril au Lamentin, puis à St Martin, soit 8 représentations.
La tournée a souffert, en terme de volume, de sa présentation en période de vacances scolaires, ce
qui n’était pas de notre fait et nous a empêché de toucher le public scolaire. De même, la pièce n’a pas pu être présentée dans les établissements pénitentiaires. Cependant, partout où elle a été
jouée, elle a rencontré un vif succès et les salles ont été, comme pour Haïti, pleines (avec des « guichets fermés » notamment à Pointe à Pitre).
• Octobre 2011 – Les Jeunes Chorégraphes (Danse/Guadeloupe)
Ce spectacle a réuni sur scène trois jeunes
compagnies chorégraphiques guadeloupéennes dont les deux lauréats du Concours Jeunes Chorégraphes 2010organisé par
l’Artchipel/ Scène Nationale de la Guadeloupe. Ce spectacle a été l’occasion de découvrir un même soir, trois univers différents unis dans la promotion d’une expression artistique originale
et talentueuse.
4 « Alé é rivé » était présenté par Myriam Soulanges (qui a signé la
choregraphie) et Xavier Chasseur
4« Dichotomie: 1 pas de 2 pour 3 » est un spectacle écrit pour 3 danseuses par Francesca Dampatthia qui l’a interprété avec Géraldine Stattner et Laura Chevry
4« K nou yé » chorégraphié par Romuald Sérèmes a mis en scène Kenounjah Nedelkovski, Syldie Hierso et Audrey
Camprasse
C’est sous le regard conquis du public que la tournée a eu lieu le 4 octobre à la salle Robert Loyson, le 6 octobre au Ciné Théâtre
du Lamentin, le 8 octobre à la salle G.Floro, le 10 octobre à la Prison de Baie-Mahault, le 14 octobre à Beauport/Pays de la Canne, le 18
octobre la salle Beauperthuy, le 19 octobre à LaKaza , le 20 octobre à la fac de Fouillole , le 21 octobre à la salle Beauperthuy ; soit 9
représentations, dont plusieurs scolaires.
Cette tournée a été différente des autres et particulièrement intéressante à plusieurs titres :
• C’est la première fois que le CEDAC présentait une tournée dans le domaine de la danse.
• C’était une prise de risque d’organiser une telle tournée dans des lieux peu adaptées (voire pas du tout) et de
concerner 9 d’entre eux ; ce fut donc une réussite maximale de la mener à bien dans des conditions satisfaisantes, vu celles de la diffusion en Guadeloupe, actuellement
(et cette tournée n’a pu concerner ni l’Artchipel, ni Sonis, ni Tarer).
• La volonté de donner de la force et de l'audience à des artistes émergents constituait un autre pari qui a été réussi.
• Enfin, elle a éprouvé la capacité du CEDAC à produire seul un spectacle qui réunisse 3 pièces différentes avec une cohésion
artistique et technique (garantie par l’embauche d’un régisseur lumière intermittent) et une mise en conditions professionnelles, une résidence ayant été possible à l’Artchipel en amont de la
tournée.
• Novembre 2011 – Conte, Chante moi un conte, Conte moi une chanson (Théâtre- Guadeloupe)
Dans ce spectacle narré, chanté, dansé et dit avec la verve oratoire et les joutes verbales du conteur
guadeloupéen héritier du griot africain, Gilbert Laumord a raconté la mésaventure de Omè le pêcheur et
ce qu’il lui en a coûté de trop parler,
accompagné par l’excellent saxophoniste canadien Jocelyn Ménard
Cette pièce originale a remporté un franc succès avec pas moins de 20 représentations avec des
séances et des animations scolaires.Le 18 octobre à la salle Robert Loyson, le 19 le 21 et le 21 octobre à l’Artchipel/Scène nationale, le 27
octobre, Chez Henri , le 29 octobre à la salle Beauperthuy, le 4 novembre à Beauport/Pays de la Canne, le 5 novembre, le 8 novembre à la fac de Fouillole, le 15 novembre à la salle
Beauperthuy, le 16 et 17 novembre dans les lycées Droits de l’Homme et Jardin d’Essai, le 18 novembre au Centre Pénitentiaire de Basse Terre, le 19 novembre au Ciné Théâtre du Lamentin, le 20
novembre à la Désirade, le 25 novembre au Centre culturel de St Martin et pour les lycéens, le 10 décembre à Terre de Bas, aux Saintes.
C’est ainsi que nous avons fait un carton plein concernant les îles de la Guadeloupe (Saintes, Marie galante et
Désirade et aussi St Martin) ce qui constitue pour nous une première et nous amené aux réflexions livrées ci dessus ; l’accueil et la mobilisation du public dans des territoires tenus à
l’écart de l’action culturelle ont été de belles satisfactions. De même, les animations scolaires (Jardin d’essai avec l’aide la vile des Abymes, Lycée de petit Bourg et de St Martin) ont aussi
très bien fonctionné. Le public a largement plébiscité ce travail artistique associant plusieurs disciplines et apprécié cette plongée dans la tradition guadeloupéenne du conte créole.
CONCLUSIONS
En 2011, le CEDAC a démontré sa capacité à mobiliser et à élargir les publics, son professionnalisme et sa
cohésion. Nous avons continué à expérimenter des lieux et des formats artistiques nouveaux et exploré les potentialités de la diffusion artistique en Guadeloupe, même s’il nous reste encore
des lieux à découvrir. Les difficultés liées au contexte (notamment par rapport au manque constitué par les salles Sonis
et G.Tarer, où la ville n’a jusqu’à présent pas voulu prendre le relais du Centre des Arts) n’ont pas entamé notre capacité de mobilisation des diffuseurs, parmi
lesquelles le campus de Fouillole a pris toute sa place, cependant que des conventions lient aujourd’hui, outre l’Université, le SPIP et plusieurs lycées au CEDAC, en attendant le
Rectorat.
Outre les difficultés qui affectent plusieurs salles subventionnées fermées, les membres privés du CEDAC connaissent
des problèmes financiers qui semblent insolubles pour certains (Bik Kreyol) et délicats pour d’autres (La Kaza). Cela constitue un troisième problème pour nous, après ceux
rencontrés pour surmonter la double insularité et le faible soutien public autour de nos actions en direction des établissements scolaires.
Enfin, nous rêvons toujours d’une institutionnalisation du CEDAC qui puisse se manifester aussi au
niveau de sa structuration, avec un local et un personnel permanent qui soient à la hauteur du rôle central que nous sommes en mesure de tenir au niveau de la diffusion
artistique et culturelle dans l’archipel guadeloupéen, sans oublier le milieu scolaire et universitaire ainsi que celui des publics empêchés. Cela donne une idée du potentiel de développement que
possède la structure CEDAC, dès lors qu’elle sera en mesure de connaître une évolution allant dans ce sens. Celle-ci nécessite impérativement une autre approche de nos partenaires (DAC et Région)
à l’égard de notre réseau quant à son importance dans l’action culturelle de la Guadeloupe.
Signalons aussi que pour la 2ème année consécutive, la SACEM nous a soutenu avec une subvention de 3000€.