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CEDAC

Informe sur l'actualité et les programmations du réseau de diffusion qui s'est créé autour des salles de Guadeloupe.

La Coopération Régionale

Le 27 avril 2010, se tenait à St Laurent du Maroni (Guyane) une première réunion Guadeloupe/Martinique/Guyane visant à réflechir sur les réseaux de diffusion dans les DFA, ainsi qu''à la nécessaire coordination entre eux. Nous publions ci-dessous le compte rendu integral de cette interessante discussion  qui ouvre la porte à une coopération suivie au niveau de la diffusion culturelle entre les DFA.


 

Compte-Rendu de la première réunion de réflexion pour la création d'un réseau de diffusion du spectacle vivant en Guadeloupe, Martinique, Guyane.

 

          Saint Laurent du Maroni, le 27 avril 2010

           Festival des Tréteaux du Maroni

 

Présents:

 

Ewlyne Guillaume, directrice artistique de la scène conventionnée Kokolampoe, à Saint Laurent du Maroni et du Festival Les Tréteaux du Maroni

Pierre Chambert, Président association Compagnie KS and Co, Saint Laurent du Maroni

Claude Kiavué, Président du CEDAC, réseau des diffuseurs de Guadeloupe, et Directeur du Centre des Arts de Pointe à Pitre

Nathalie Laulé, chargée de mission DRAC Martinique pour les « Scènes de Martinique », réseau de diffusion en communes.

 

Cette réunion a été initiée par Ewlyne Guillaume, Claude Kiavué et Nathalie Laulé. Elle a permis d’établir un état des lieux des différents réseaux qui sont en train de se mettre en place  dans les Antilles-Guyane françaises, ainsi que des perspectives de rapprochement et de coordination entre les acteurs culturels  de Guadeloupe, Martinique et de  Guyane  qui oeuvrent chacun dans leurs Régions respectives.

 

 

• La situation en Guadeloupe :

 

En 2007 a été créé le CEDAC (Collectif des Espaces de Diffusion Artistique et Culturelle). Le CEDAC a été créé suite à une conférence de presse organisée avec tous les directeurs de salles de spectacles de Guadeloupe. Pourquoi? Parce que les artistes locaux rencontrent des problèmes de diffusion et que la mise en place de  tournées leur permettant de réaliser un certain nombre de dates s’impose comme une solution de plus en plus indispensable pour le développement culturel et l’accompagnement de la création artistique ; c’est à travers la mutualisation des moyens et la réalisation d’économies d’échelle que le CEDAC  a décidé de relever ce défi en s’appuyant sur une politique des publics à triple vocation : le rapprochement, l’élargissement et leur formation.  Les publics dits "empêchés "(hôpitaux, prisons, …) sont aussi concernés.  Le CEDAC s’est voulu enfin  un outil de réflexion et de proposition, en particulier au niveau des medias comme RFO. 

 

Le CEDAC  est une association loi 1901 dont le Président est Claude Kiavué,  le secrétaire José Pliya(Directeur de l’Artchipel) et le Trésorier, Gérard Poumaroux (le Directeur du Centre Culturel Sonis). Il concerne la quasi-totalité des espaces accueillant du spectacle vivant  en Guadeloupe et repose sur  9 lieux scéniques avec des petites salles d'une capacité de 200 à 300 places (NB : L’'Artchipel a un cabaret + une jauge de 500 places ; quant au Centre des Arts – qui  avait 2 salles de 350 et 1100 places - ,il est en rénovation pour 2 ans ; il travaille aujourd’hui « hors les murs » et  le plus souvent dans la salle G. Tarer de Pointe à Pitre (150 places)). 

 

La vocation du CEDAC dépasse cependant ce cadre et concerne aussi l’aménagement culturel du territoire dans l’ensemble de l’archipel guadeloupéen. Les adhérents sont :


L’Artchipel/Scene Nationale de Basse Terre, la salle Robert Loyson du Moule, Le Ciné théâtre du Lamentin, l’'auditorium de Basse-Terre, le Centre des arts et de la Culture de Pointe  à Pitre, , l’espace Beauport/Pays de la Canne  à Port Louis (associations,  salles municipales ou liées aux  collectivités territoriales) ; La Kaza et  le Bik kréyol sont des espaces de concerts privés  de Baie Mahaut, tout comme Chez Henri  à Saint Louis de Marie Galante. Toutes ces salles et ces lieux privés peuvent accueillir des petites formes dans de bonnes conditions et sont membres du CA  de l'association CEDAC. Présentement, il y a un débat entre certains qui voudraient ouvrir encore l’association sur d'autres espaces et d’autres communes et  d'autres qui craignent que le réseau ne se perde ou se dénature.

 

- Le fonctionnement du CEDAC : En 2009, Le CEDAC a perçu une subvention de l'Etat de 18 000€ et 30 000€ de la Région Guadeloupe.  Il  a fonctionné jusqu'à ce jour sous le régime du bénévolat mais la structuration et la professionnalisation de l’association  sont à l’ordre du jour afin qu’elle puisse accroître et développer son potentiel.  Pour ce faire, la signature d’une convention CEDAC/ Etat/Région est prévue en 2010.

 

Le CEDAC assure la mutualisation des moyens techniques et logistiques (hôtels, transports...), ainsi que de la communication des diffusions (spots radio, affiches, tracts). Il participe aussi aux cachets artistiques selon une intervention portant sur 20 à 37,5% des cachets. Les diffuseurs assurent les repas  des jours de spectacle et le CEDAC des jours « off » (pour les artistes extérieurs invités). L'Artchipel, qui est la plus structure la plus subventionnée, prend en charge des frais tels que les billets d’avion et l’accueil des artistes sur Basse Terre.. Le CEDAC souhaite porter son intervention à 50% sur les cachets, s’il parvient à disposer des moyens nécessaires.

 

-  Les contrats : Les compagnies signent des contrats de cession avec le CEDAC,  cédant les droits de

leurs spectacles sur le territoire guadeloupéen pendant la durée  des tournées. Il y a problème quand les villes payent le CEDAC avec retard (mandats administratifs). Pour ces raisons il est envisagé des conventions  à l'année entre les  villes  et le CEDAC.

 

- Programmation : En 2009, 3 spectacles de théâtre ont été présentés à travers la Guadeloupe Pour        2010,  il y a eu  30 propositions et 8 ont été choisies. Chaque spectacle bénéficie d'une diffusion autour de 10 représentations ; « Comme 2 frères » a même été programmé 17 fois.  (voir le site). La programmation 2010 a été établie sur la base d’une  dominante musique. Les spectacles diffusés pour le premier semestre ont été  « Khasukuda » (marionnettes amérindiennes en provenance de la Guyane, ce qui constitue une première ouverture inter- DFA !) ; « Wopso », concerts de gwo ka évolutif, et « Kikou Ti Coq », spectacle de théâtre pour jeunes publics (NB. Khasukuda  a été diffusé 12 fois  :6 pour le tout public et 6 pour les scolaires ; Kikou ti coq , 11 fois, dont 4 scolaires ; Wopso, dans 5 salles. Il est à noter pour les 2 derniers spectacles, l’ouverture de la diffusion sur la ville de Sainte Rose.)

 


- Outre la diffusion, le CEDAC travaille autour de l’éducation artistique en programmant de spectacles à destination des scolaires.

 

 

 

• La situation en Martinique :

 

Sur le constat de la difficulté des compagnies martiniquaises à être diffusées sur leur propre territoire, la DRAC Martinique en partenariat avec quatre communes pionnières : le Lamentin, les Anses d’Arlet, le Prêcheur et Rivière Salée a mis en place un dispositif d’aide à la diffusion des compagnies de la Martinique.

 

Cette aide prévoit un financement de la DRAC à hauteur de 50% du montant des dates achetées par les communes. Il prévoit en outre, les moyens de mise en œuvre par l’intermédiaire de chargés de mission, financés entièrement par la DRAC Martinique :

 

1. L’entourage technique est assuré par l’association la Servante, association de techniciens du spectacle qui gère le parc de matériel de l’ancien CDR et le met à la disposition des compagnies. La Servante peut intervenir de façon autonome sur tous les lieux de diffusion.

 

2. L’administration est assurée par l’association AMSEC  (Agence pour l'aide aux missions et à la structuration des entreprises culturelles). Cette association essentiellement financée par la DRAC offre en mutualisation des services aux professionnels du spectacle (formation continue, inter cachet, fiche de paie des intermittents) et récemment elle propose de mutualiser les services d’administration pour les compagnies. C’est dans le prolongement de cette mission de mutualisation que la mission d’administration du dispositif de diffusion lui a été confiée.

 

3. La mise en œuvre de l’action, programmation, relations publiques et communication ont été confiés à Nathalie Laulé qui est intervenue dans la première phase du dispositif en chargée de mission indépendant au sein de l’AMSEC.

 

Scènes de Martinique, 1ère Saison :

 

Deux programmations ont eu lieu. La première en novembre/décembre avec une dizaine de dates a fait l’objet d’un repérage du terrain avec peu d’effet sur les fréquentations public. La deuxième, cette fois une tournée structurée avec une communication adaptée et un travail de sensibilisation (ateliers, parades…) auprès des publics a connu un franc succès et a doublé les fréquentations public. La tournée Scènes de Martinique a été montée sur le schéma suivant :

 

- 1 lancement médiatique dans chaque commune

- 1 représentation Scolaire

- 1 représentation Jeune Public

- 1 Atelier

- 2 représentation Tout Public

 

Cette première expérimentation du dispositif a permis la programmation au total de 28 dates pour 9 compagnies professionnelles, ce qui donne une moyenne de 3 représentations par compagnie avec 4 créations en programmation des spectacles  qui n’ont jamais été vus en communes et des ateliers :

 

A présent, une dizaine de communes désirent rejoindre ce réseau et s’inscrirent dans, ce qui est désormais connu sous le nom les Scènes de Martinique.

 

Il y a une vingtaine de compagnies repérées en Martinique et la création de ce réseau de diffusion sur le territoire est aujourd’hui une nécessité. Le dispositif sera prolongé sur la saison 2010/2011 avec une dizaine de communes et les créations de la saison dans le domaine du spectacle vivant : théâtre, danse et musique. Cependant, une réflexion doit être engagée rapidement par les différents intervenants à propos d’un mode de structuration de la diffusion sur le territoire.

 

 Réflexions extraites de cette première rencontre au niveau de la Martinique :

 

La Scène Nationale ne remplit pas sa mission en Martinique au niveau de la diffusion sur le territoire et du soutien à la création que celle-ci sous-tend.  Elle devrait être partie prenante d’un tel réseau, comme en Guadeloupe. Cette problématique devrait être posée à la DRAC en tant que tutelle de la structure.

 

- Les Compagnies et diffuseurs doivent avoir leurs libertés respectives de programmation, ce qui pose le problème du choix de spectacles.

 

- Les diffuseurs devraient être recensés afin de pouvoir les impliquer dans ce réseau.

 

- Il existe une production importante en Martinique (20 compagnies répertoriées, mais pas de assez de diffusions) d’où la nécessité de créer une structure, un réseau,  à partir des liens déjà existants entre les communes en y associant, dans un second temps,  les structures de diffusion.

 

 

• La situation en Guyane:

 

Pour le moment il existe des lieux d’accueil qui sont :

 

  La scène conventionnée : Kokolampoe à Saint Laurent du Maroni + un Festival : les Tréteaux du Maroni tous deux gérés par la compagnie KS and CO. Celle-ci, ainsi que  le Festival, travaillent entre autres avec la région caraïbe.  Ils accueillent des spectacles en provenance des Antilles (Guadeloupe, Martinique), programmés ou non au TOMA, et aussi de la « grande région » : Brésil (grand théâtre de Bahia, Bélem)  et Surinam.

 

 Une autre scène conventionnée : la Compagnie Théâtrale Guyanaiseà Matouri.

 

 Les autres lieux susceptibles d'entrer dans un futur réseau sont :

 

L'E.N.C.R.E à Cayenne (géré par le conseil régional). Début de mise en réseau avec cette salle (environ 400 places) avec quelques contrats d'achat ou de mise à disposition de la salle.

Mana

Roura

Remire Montjoly

(NB Ces trois salles sont communales)

Awala Yalimapo (médiathèque municipales)

Angoulême (gîte privé).

 

Il nous semble important de fabriquer au plus vite un cadre avec le soutien de l'Etat et de la Région.

 

 

 

CONSTATS et PERSPECTIVES

 

La relation entre les DRAC et les opérateurs culturels est très différente selon que l’on se penche sur le cas de la Guadeloupe ou sur celui de la Martinique. Dans dernier cas, le rôle de la DRAC a été prépondérant dans la formation du réseau à l’inverse. En Guadeloupe,  les professionnels se sont groupés pour assurer la conception et la réalisation de leur réseau. La DRAC Guadeloupe assure un soutien de plus en plus concret au CEDAC cependant qu’en Martinique un travail conséquent reste à mener pour intégrer les opérateurs culturels au réseau.

 

La diversité des situations est donc le premier constat. En Guadeloupe, les diffuseurs se sont « auto-impliqués » et s’ils veulent élargir leur réseau, ils devront s’ouvrir sur les villes.  En Martinique, ce sont les villes qui sont concernées et elles auront au contraire à s’ouvrir sur les diffuseurs  pour parvenir à ce que le réseau remplisse pleinement sa mission.

 

En Guyane, l’idée d’un réseau est encore  à l’état embryonnaire mais il pourrait s’appuyer sur 8 lieux de diffusion (et sur les expériences en cours). 

 

La création ou l'approfondissement d'un réseau sur chacun des trois territoires semble être une nécessité et une urgence pour l’avenir de la création artistique de nos trois Régions, et l’échange de nos expériences respectives pourrait s’avérer précieux.  Nous avons envisagé les conditions de leur mise en relation.

 

La première action envisagée pourrait être l’accueil par chaque réseau d’un spectacle des autres réseaux, chaque saison. Ce qui établirait dans une relation réciproque, une circulation de la création artistique entre les trois Régions,  chacun accueillant deux spectacles voisins, en plus de ses propres programmations.

 

Cette avancée possible dans la diffusion artistique régionale pourrait s’inscrire dans le cadre plus large du rapprochement récent entrepris entre les Régions. Cela, en outre, permet une meilleure approche des diversités culturelles de nos Régions. Cette dynamique est de la plus grande importance en terme d’  échanges artistiques dans les Antilles-Guyane française.

 

Par ailleurs, sur l’exemple de La Servante en Martinique,  la création d’un parc de matériel régional pourrait être envisagé. La mutualisation de ce service permet en effet une plus grande maîtrise des coûts de production et un plus grand professionnalisme.

 

A terme et dans la mesure où chaque réseau trouvera son mode de structuration et de fonctionnement, nous pourrions envisager un organisme fédérateur qui regrouperait les trois réseaux. Ce regroupement, en terme de production du spectacle vivant dans nos régions semble vital dans les perspectives actuelles de restrictions budgétaires. Il devra par ailleurs réfléchir aux situations d’enclavement liées au coût des transports et aux politiques de communication des grands médias. Enfin, il pourra se positionner et rejoindre les réseaux professionnels des bassins sud-américains et caribéens.  

 

Les participants décident d’une réunion tournante (Martinique, Guadeloupe, Guyane) à partir dela rentrée 2010, en présence des représentants des DRAC et des Conseils Régionaux des trois réseaux. 

 

 

 

                               Ewlyne Guillaume, Claude Kiavué et Nathalie Laulé